Le 6 mars 2002, le Dr Edgar Villanueva Nuñez, membre du congrès péruvien, présentait lors d’un forum, un projet de loi intituté « Software : Uso Libre en Administración Pública » (Utilisation du logiciel libre dans l’administration publique). Le but de ce projet de loi est de rendre obligatoire l’usage du logiciel libre dans les services publics du Pérou. Les raisons essentielles évoquées dans ce texte ne sont pas les économies qui pourraient résulter du recours au logiciel libre, mais le souci de transparence vis-à-vis des citoyens (la possibilité de consulter les sources des programmes), l’indépendance de l’État face aux fabriquants de logiciels propriétaires (pour la garantie, la maintenance, l’évolution du logiciel, etc.), la sécurité (pas de code « espion » dans le logiciel) et la facilité d’échange des informations (utilisation de formats de données standards et ouverts).
La réaction du Microsoft ne se fait pas attendre : M. Juan Alberto González, Directeur Général de Microsoft Pérou, envoie le 21 mars 2002 une lettre à M. Villanueva dans laquelle il exprime la position du géant américain face au logiciel libre. Selon M. González, le projet de loi viole ouvertement les lois sur la libre concurrence et sur la propriété intellectuelle, pénalise le secteur informatique péruvien, et fait courir de sérieux risques, notamment du fait que le logiciel libre ne présente pas les garanties ni le degré de performance des logiciels propriétaires. Mais si la lettre de Microsoft est une critique acerbe du logiciel libre, elle ne contient pas le moindre argument positif en faveur du logiciel propriétaire.
La lecture de cette lettre est fort instructive, puisqu’elle donne un bon aperçu du genre d’arguments (souvent de bien mauvaise foi) utilisés par Microsoft pour dénigrer le logiciel libre.
Mais la réponse de M. Villanueva est plus intéressante encore. En effet, il reprend un à un chaque argument de Microsoft et les réfute tous, de manière claire et précise. Sa lettre est un solide plaidoyer en faveur du logiciel libre, qui fera date dans la bataille contre le logiciel propriétaire.
Les deux lettres, traduites en français, peuvent être consultées en suivant ces liens :
La lettre de Microsoft Pérou
La réponsde du Dr Villanueva